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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 22:21

Dans les premières années, la gestion financière et comptable du centre repose sur la mécanographie. D’abord, en 1958 dans les locaux du C1, machines NATIONAL, positionneuses multi-compteurs, comme celles longtemps en usage dans le système bancaire. En 1960, les machines BULL à cartes perforées, prennent le relais installées ou plutôt éparpillées dans les sous-sols du Bat.B. Plus tard, ces matériels électromécaniques sont dotés d’un calculateur BULL Gamma 3.
Le groupe « Mécanographie » rassemblant Analystes-programmeurs, opérateurs, Perfo-verifs fait partie intégrante du Bureau Financier et Comptable. Ce groupe assure la « mécanisation » des comptabilités (Budget, Comptabilité générale, Comptabilité analytique, Fournisseurs, Clients, Immobilisations etc..) des stocks et de la paie.
Durant cette même période les besoins en calculs scientifiques sont assumés par une CAB 500 (mémoire à tambour) installée au Service des Transferts Thermiques.
Le temps passe, le Centre croît rapidement, les besoins en calculs aussi. C’est ainsi que début 1964 la Direction, décide d’acquérir un « Ordinateur » à partager entre le labo de calcul naissant et la gestion du Centre. À ce propos, il faut rappeler qu’à cette époque l’ensemble du budget y compris celui des unités de recherche est en charge de la Direction du Centre.
Le choix se porte sur un matériel fabriqué par RCA, développé et distribué par La Compagnie des Machines Bull et baptisé GAMMA 30 S.
De classe 2.5, il est doté d’une mémoire vive de 20 Ko, chaque octet disposant de sept tores de ferrite. Les programmes, les créations, les mises à jour de fichiers et les données, sont toujours entrées par carte perforée 80 colonnes.
En attendant la livraison, sachant que la machine et son environnement exigent près de 200 m², le sous-sol du Bat.B est aménagé et adapté : faux plafonds, plancher technique, climatisation et traitement de l’air. Ceci dans le but de satisfaire les contraintes techniques d’implantation et le fonctionnement 24/24 de cet engin aux composants particulièrement sensibles à l’hygrométrie et aux variations de température.
Pendant ce temps les analystes programmeurs du BFC, épaulés par leurs homologues de chez Bull, s’adaptent aux nouvelles techniques et procédures en transposant les tâches existantes.
 
Les travaux terminés, la livraison, l’installation et les tests du « monstre » s’effectuent dans les meilleurs délais afin que tout soit opérationnel lors de la reprise et l’ouverture de l’exercice financier et comptable au 02 Janvier 1965.
Le monstre en question se compose :
 
-         d’une unité centrale très imposante, bourrée de cartes transistorisées et de quelques dizaines de kilos de condensateurs et autres bricoles.
-         de quatre armoires contenant  les dérouleurs de bandes magnétiques dont la fonction principale est la mise en mémoire des programmes, des fichiers et de leur contenu.
-         d’une imprimante rapide à rouleaux  (180 c)
-         d’une trieuse de cartes.
-         plus tard un lecteur/perforateur de bande perforée.
-          
Les besoins en calcul croissent plus vite que prévu, la cohabitation Gestion-Labo de calcul dure moins de deux ans. Ce dernier devient autonome et dispose de son propre équipement, un IBM 360.
Il faut savoir que le GAMMA 30 donnera satisfaction tout au long de sa carrière qui durera près de 15 années consacrées à l’ensemble des tâches fonctionnelles du Centre, mais aussi au développement de techniques informatiques.
En effet, dès 1965 est menée une expérience de gestion intégrée.
Mais les techniques et les matériels s’avèrent inadaptés. Cette tentative visionnaire est donc abandonnée. Il faut savoir qu’au cours des tests, le non-respect d’une date de révision d’extincteur a eu pour effet de bloquer l’ensemble des programmes journaliers de gestion.
Comme il fallait que les résultats soient connus de tous au CEA, deux passionnés, aidés du responsable de l’atelier d’imprimerie, projettent la réalisation d’une plaquette destinée à promouvoir le système opérationnel et les idées pour le futur. Alors durant de nombreuses soirées et fins de semaine, ce document d’une douzaine de pages est conçu, composé, réalisé et imprimé en une cinquantaine d’exemplaires. 
Pendant ce temps, les premiers balbutiements de transmission de données à distance se multiplient via la bande perforée.
Tout d’abord la saisie des données budgétaires et comptables. Ensuite le suivi physique et comptable des sorties de magasins. À cette fin des pupitres électroniques comportant douze colonnes de chacune dix chiffres permettent le traitement à distance des mouvements de stocks.
 
 
Mais à cette époque, le véritable exploit technique s’illustre dans la gestion des films dosimètres par le traitement quasi instantané et à distance des résultats. En effet ces films centralisés à Fontenay aux Roses sont dépouillés sur une chaîne automatique conçue et réalisée à Fontaine, les résultats sont transmis instantanément par système télex et reçus dans les locaux du GAMMA 30 à Grenoble. On peut dire que l’ère du « Véloprocessing » fait maintenant partie du passé.
C’est ainsi que dès 1969, sous l’impulsion du chef d’Atelier, se forme une petite équipe hétérogène comprenant deux ou trois  « informaticiens » et deux « administratifs ». Cette équipe se met, sinon à concevoir du moins à imaginer la création d’un groupe de travail ayant pour objectif d’élaborer un processus axé sur l’intégration basée  sur le « TIME SHARING » devenu plus tard le « Conversationnel ».
Cette initiative semble à certains peu en rapport avec les besoins et surtout les moyens dont dispose le CEA. Il faut savoir qu’à l’époque le Centre de Grenoble faisait, dans le domaine de l’«INFORMATIQUE DE GESTION » figure de précurseur pour ne pas dire de visionnaire.
Par conséquent, bien que l’équipe en question continue de cogiter, le temps passe et finalement début 1973 se met en place le groupe de concertation et de travail qui portera plus tard le titre d’ ACTION CONCERTÉE.
Ce groupe composé d’abord des informaticiens et des représentants des services financiers des Centres d’Études et du Siège est, intégration oblige, étendu ensuite aux trésoreries, services commerciaux et services du personnel. Les réunions du groupe de travail (08 à 10 personnes) sont mensuelles et se tiennent, pour l’essentiel, à Grenoble. Chaque trimestre a lieu une réunion de synthèse à laquelle participent les responsables (15 à 20 personnes) auxquels le groupe de travail rend compte de l’avancement des travaux et prend acte des nouvelles orientations.
Grenoble a en charge la conception technique ainsi que les tests.  Et en tant qu’initiateur il lui est confié la lourde et stressante tâche d’essuyer les plâtres.
L’ordinateur en charge du Labo de Calcul est un BULL IRIS.55 et les consoles interactives seront au nombre de cinq au GFC, une à la Trésorerie et une au magasin central.
Le 14 Janvier 1975 c’est le grand jour. Le temps d’activer le système, s’assurer que les connexions sont actives et s’est parti pour la grande « Aventure ». Les premières écritures sont les créations de fichiers ainsi que les reprises de soldes d’engagements résultant de l’arrêté des comptes de l’exercice 1974.
 
 
Et là aussi, intégration oblige la chronologie des tâches prioritaires sont engagement/comptabilisation de la facture/paiement du fournisseur effectué directement par la Trésorerie. Le tout contrôlé dans tous les sens, l’ensemble des fichiers étant en ligne.
Les premiers moments d’anxiété font place à l’euphorie chez ceux qui y croyaient et à la surprise chez ceux, les plus nombreux d’ailleurs, qui n’y croyaient pas.
Mais rapidement l’euphorie fait place à l’impatience, voire l’inquiétude. Les temps de réponse se dégradent au fur et à mesure que se charge la « Mule ». Ces temps passent de 30 secondes à plus de 2m30s. Les plantages se succèdent à un rythme qui devient très vite insupportable. Les relations avec les spécialistes et en particulier avec ceux du Bat.T se transforment quasi en heurts.
Les hommes deviennent irritables. Les femmes sont elles très calmes et meublent les temps morts selon leurs aspirations du moment. Qui lit, qui tricote, qui écrit, qui prépare une nouvelle série d’écritures, qui vaque  à d’autres occupations bien féminines.
Encore une fois ce sont elles qui avaient raison. La suite nous a prouvé que toutes ces petites misères issues d’un démarrage houleux et démotivant valaient le coup d’être vécues. En effet, le produit de tous ces efforts et de l’opiniâtreté de quelques uns a, au fil des ans, à l’exception des achats/contrats,  intégré la presque totalité des tâches administratives et comptables du Siège, des Centres civils, auxquelles s’ajoutent celles des instituts et des unités.  Bien sûr au fil du temps les matériels ont évolué rapidement. À commencer par les terminaux « intelligents » PC/BM 30 (Bull-Micral 30) qui à la fin des années 70 ont poussé vers la casse les « vieux » coucous.
Enfin, le système devait satisfaire les besoins puisqu’il a fonctionné jusqu’au début des années 90.
 
Et si, au travers ces interconnexions et les échanges de messages par lignes dédiées lors du raccordement de Saclay en 1978, nous avions contribué à l’émergence que l’actuel INTERNET?
Peu importe la réponse, l’aventure valait effectivement la peine d’être vécue, pour preuve, je viens d’en écrire l’histoire.
 
 
« LE PASSÉ A BESOIN DE LA MÉMOIRE DES HOMMES POUR AIDER LES SOUVENIRS À DEVENIR L’HISTOIRE » (GD.05/93)
 
 Gérard DECLERCK – LAMBTON (Canada)

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