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Le 3 décembre 2011

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 21:53

On apprend aujourd'hui, après enquête, la chronologie des événements du samedi 12 mars 2011 (lendemain du tsunami), permettant de mieux comprendre comment le combustible du réacteur n°1 de FUKUSHIMA DAIICHI a été dénoyé, provoquant la fonte du combustible et la première explosion d'hydrogène (premières difficultés graves de Fukushima).

La cause de cette première explosion d'hydrogène et de ce premier coeur fondu dès le lendemain de l'accident serait que les autorités de sureté nucléaire japonaises (à Tokyo) et le gouvernement (à Tokyo) n'ont pas approuvé suffisamment vite (3 heures de délai) la demande urgente de TEPCO et du directeur du site de FUKUSHIMA demandant l'autorisation d'injecter dès que possible de l'eau de mer dans le réacteur (pour remplacer l'eau douce épuisée).

Sans doute le directeur du site aurait-il dû ne pas demander l'autorisation ? Mais d'un autre côté il s'agissait d'une opération inhabituelle et très probablement en dehors des procédures accidentelles prévues. On peut donc comprendre aussi que le directeur du site n'ait pas voulu prendre seul cette décision qui d'une part condamnait définitivement les réacteurs et d'autre part dont il ne savait pas les conséquences possibles (dépôt de sel dans les réacteurs, pb de corrosion, impact possible du sel sur la réaction nucléaire, etc.). Le directeur a donc pensé utile d'avoir un feu vert de sa hiérarchie et des autorités de sureté à Tokyo avant de procéder à cette injection d'eau de mer, ce qui peut se comprendre. Mais la réponse est arrivée beaucoup trop tard (feu vert reçu 3 heures après la demande).

Le réacteur est ainsi resté plus de 4 heures (de 2h53 PM à 7h04) sans aucun refroidissement entre la fin de l'injection de l'eau douce et le début de l'injection d'eau de mer : 3 heures dans l'attente du réponse favorables des autorités de Tokyo arrivé à 6h05 PM, puis encore 1 heure de mise en route avant de commencer l'injection d'eau de mer sur place à Fukushima, à partir du feu vert gouvernemental donné par le Premier Ministre.

L'explosion d'hydrogène (vue à la TV) est survenue entre temps à 3h36 PM, après 43 minutes sans refroidissement.

Le gouvernement a ensuite demandé d'arrêter l'injection d'eau de mer à

7h25 PM (contre-ordre idiot), seulement 20 minutes après que l'injection ait repris.

Le directeur du site de FUKUSHIMA, pour éviter une aggravation des dégâts, passant alors outre les instructions venant de Tokyo demandant de cesser l'injection d'eau de mer, a alors décidé (à juste titre) en contradiction avec sa hiérarchie (ce qui n'est pas fréquent au Japon) et en désobéissant (à juste titre) à l'ordre donné par le Premier Ministre, de ne pas cesser l'injection d'eau de mer. Il n'est pas fréquent non plus, surtout au Japon, de désobéir à un ordre donné pa rle Premier Ministre (mais le directeur du site avait raison).

Il est clair que techniquement, s'il n'y avait plus d'eau douce, il fallait IMMEDIATEMENT (ou le plus vite possible) utiliser l'eau de mer pour refroidir tout de même le réacteur. Il ne fallait pas attendre 4 heures et il ne fallait pas arrêter ensuite ce refroidissement comme le demandait le gouvernement.

Il ne faut d'ailleurs toujours pas l'arrêter aujourd'hui. La chose la plus importante à faire lorsqu'une situation accidentelle se produit dans un réacteur nucléaire c'est d'assurer à tout prix le refroidissement du combustible pour éviter qu'il chauffe. C'est le but de toutes les procédures de sureté.

    Un arrêt du refroidissement de quelques minutes est sans conséquences (le combustible n'a pas le temps de chauffer trop), mais un arrêt de ce refroidissement pendant plusieurs heures (comme cela a été le cas) mène inévitablement à la surchauffe du combustible, au dégagement d'hydrogène et à la fonte du combustible, éventuellement corium etc. (on a vu la suite).

Il semble qu'il y ait là des difficultés de communication (résultant de la situation générale du pays et du tsunami?) une défaillance importante des instances supérieures de TEPCO (bureau de TOKYO) et de l'autorité de sureté nucléaire japonaise (NISA) ainsi que du gouvernement (tous à

Tokyo) qui auraient dû donner l'ordre IMMEDIATEMENT (ou beaucoup plus rapidement, en quelques minutes) d'injecter l'eau de mer comme le demandait le directeur de la centrale. Il ne fallait pas attendre un feu vert du Premier Ministre pour cela.

Je suppose que le Premier Ministre (dont le directeur de la centrale et NISA attendaient à tort à mon avis le feu vert) était incompétent sur ce questions, difficile à joindre, occupé ailleurs. Lorsque la situation lui a été exposé, il n'a sans doute pas compris les enjeux et l'urgence de la demande.

Tous ces messieurs à Tokyo ont été secoués par les images de l'explosion d'hydrogène vues en direct ou presque à la TV et il s'en est suivi une certaine cacophonie et des ordres contradictoires (dont la demande gouvernmentale inappropriée de cesser l'injection d'eau de mer 1h30 après avoir accordé l'autorisation).

Il y avait peut-être des problèmes de communication et sans doute une grande cacophonie compte tenu de la situation générale.

Il est probable que ceux qui étaient à Tokyo (TEPCO, NISA et

gouvernement) donc loin du site étaient fort occupés par ailleurs et sollicités de tous côtés (problème de hiérarchisation des urgences et de compréhension de la situation dans l'esprit des décideurs, un peu comme à TMI mais d'une autre manière). Il faut se rappeler que juste après le tsunami on se souciait davantage de l'incendie (sans gravité par rapport à ce qui s'est produit ensuite) du batiment des turbines de la centrale d'Onagawa que des problèmes de refroidissement de Fukushima Daiichi. Je pense que certains décideurs tokyoïtes (ayant peu dormi depuis la veille et étant sollicités dans tous les sens) n'ont pas compris l'urgence et la gravité de ce qui était en train de se passer à FUKUSHIMA et l'importance de l'autorisation qu'on leur demandait.

Le directeur du site aurait sans doute mieux fait de ne pas demander l'autorisation de sa hiérarchie (TEPCO-Tokyo) et celle de NISA-Tokyo avant de démarrer l'injection d'eau de mer (comme il l'a fait la deuxième fois quelques heures après). En même temps on ne peut pas lui en vouloir de demander confirmation avant de prendre une mesure radicale (refroidissement à l'eau de mer) totalement inhabituelle, non prévue et pouvant avoir des conséquences graves y compris pour la sureté peut-être.

Si je me mets dans la peau du directeur de centrale sur place qui venait de vivre l'inondation de la centrale sous 5 mètres d'eau, la perte de l'alimentation électrique et des moyens de refroidissement, qui voit tomber l'un après l'autre les derniers moyens de sauvegarde de sa centrale, qui a peu dormi lui aussi, qui n'est pas certain de toues les conséquences techniques de cette décision s'il la prenait seul, la décision de remplacer l'eau douce dans le circuit primaire par de l'eau de mer n'est pas une décision facile à prendre : ce n'est pas prévu dans les procédures, il ne sait pas exactement quelles peuvent être les conséquences (il n'a pas appris cela dans son école d'ingénieurs du nucléaire), donc il fait une demande urgente aux autorités de sûreté (sans doute en espérant une réponse rapide) et il attend le feu vert, c'est logique. Il serait intéressant de savoir ce qui s'est passé à Fukushima Daini notamment et dans les autres réacteurs que ceux de Daiichi ou il y a eu aussi des pb de refroidissement. D'autres sites ont-ils eu recours à l'eau de mer sans demander le feu vert de NISA ?

--

Par ailleurs le Japon a maintenant pour objectif (pas gagné d'avance) en plus de la poursuite du nucléaire, de l'utilisation des combustibles fossiles et des économies d'énergie, de réduire d'un facteur 3 le prix actuel des capteurs solaires d'ici 2020 (et d'un facteur 6 d'ici 2030) et prévoit d'équiper dès que possible de capteurs solaires les 10 millions de toitures au Japon susceptibles d'être équipés :

 

http://www.kantei.go.jp/foreign/kan/statement/201105/25oecd_e.html  (une bonne chose ou un doux rêve qui enfoncera un peu plus le Japon dans la crise énergétique et financière qu'il traverse ?).

 

Bruno Comby

President de l'AEPN

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