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Le 3 décembre 2011

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 10:17

Rouge à lèvres et préservatifs « nucléaires »

 Recruté en 1958 par M. Rossillon, chef de Mélusine, j’étais chargé de la gestion, de la comptabilité et des achats extérieurs. Le revêtement interne des compartiments de la piscine du réacteur était en carreaux de faïence assemblés par des joints. Lors des essais de montée en puissance, les joints se sont dissous et le calcaire est passé dans un des circuits. Il a fallu vider la piscine et entreprendre la réfection totale des joints. Or, à cette époque, les marqueurs n’existaient pas, pour identifier chaque étape de gratt+age des joints. J’ai acheté en ville au moins cinquante bâtons de rouge à lèvres. Les travaux de grattage occasionnaient beaucoup de poussière ; à la périphérie de la piscine se trouvaient des chambres à fission, avec un  embout extérieur ouvert ; aussi, pour assurer leur étanchéité, j’ai fait emplette de quelques dizaines de préservatifs. La fée Mélusine était bien protégée !

                                                                                              Bernard Lhoro

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 17:27

Bernard Lorho  

Les anciens du CENG se souviennent de Bernard Lorho, un collègue particulièrement sympathique et amical.

 

Breton, il a d’abord revêtu l’uniforme de marin avant d’entrer en 1958 au Service des Piles de Grenoble; sa carrière s’est terminée au Service d’Etudes et du Comportement du Combustible (SECC).

 

Passionné de football, il a encadré des équipes de promotion du FCG jusqu’en 1962. Retraité depuis 1993 il poursuit son action dans le sport au sein de l’Association française pour un sport sans violence et pour le Fair-play (AFSVFP)

C’est dans ce cadre qu’il a rédigé « le recueil de chartes du bon comportement et du fair-play » et « Hors jeu la violence » guide apprécié  par les élus, les représentants de l’Etat, des arbitres, les footballeurs et leurs dirigeants. « Le fair-play signifie bien plus que le respect des règles ».

 

 En 2008 il reçu successivement la médaille de bronze de la Courtoisie française et la médaille de bronze du Dévouement et du bénévolat.  

  

L’AFSVFP lui a remis dernièrement « les Iris du sport 2011 ».

Cette manifestation s’est déroulée à la Maison du sport à Paris. Elle était organisée sous le patronage du Ministère des Sports et par la Délégation de mission permanente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). La cérémonie a récompensé des athlètes et des acteurs du sport, actuels  aux plus anciens, au comportement particulièrement exemplaire.

Au moment ou certains comportements mettent le sport en danger, Bernard Lorho rappelle que l’action quotidienne de l’AFSVFP au service de l’éthique sportive est plus que jamais une nécessité.

Renseignements sur http://fairplay.franceolympique.com)

 

L’ARCEA est fière de compter Bernard Lorho parmi les siens.

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 22:18

 

Cela faisait deux heures déjà que grondait l'orage sur le Vercors. L'après-midi avait été chaud d'une chaleur surprenante pour l'époque de l'année. Les parkings de l'ILL s'étaient vidés mais il restait quand même assez de voitures pour surprendre un visiteur non averti. La science n'a pas d'horaires. Le Ciel vers Voreppe était noir d'encre et des odeurs de terre humide descendaient des hauteurs montagneuses dominant le site où est implanté leur lieu de travail. La pluie d'orage était déjà là-haut, sur le plateau du Sornin.

 

I.L.L.  Ces trois lettres abréviation pour "Institut Laue Langevin", nom donné en 1967 à la société s'affichaient en taille d'un mètre de haut sur un panneau bleu à l'entrée du site constitué principalement d'un bâtiment de cinq étages abritant les bureaux lui-même accolé à une immense coupole d'acier en double enceinte de 60 mètresde diamètre contenant le réacteur nucléaire. La majeure partie des grenoblois ne savait pas très bien à quoi servait cette énorme cocotte minute peinte en gris posée là et ils confondaient souvent le site avec le Centre d'études Nucléaires de Grenoble, tout proche. Seuls quelques initiés savaient que c'était là le tout nouvel outil scientifique de Grenoble, collaboration exemplaire franco-allemande, une pile statique à haut flux de neutrons, bref un réacteur nucléaire mais surtout le plus puissant au monde en flux, servant à de nombreuses expérimentations dans tous les domaines de la science.

 

L'équipe de jour les quittait après leur avoir donné consignes et dernières informations sur les événements de la journée. Electricien, mécaniciens, conducteur de pile et chef de quart constituaient l'équipe. Comme sur un bateau où l'équipage est divisé en quart de veille, le personnel d'exploitation du réacteur était constitué en cinq équipes qui se remplaçaient toutes les douze heures en salle de contrôle. Bientôt ils furent seuls, pour eux, un long quart de nuit commençait.

 

Vers onze heures du soir le mécanicien terminait sa première ronde, arrivant en salle de contrôle leur dit : " Je crois que ça vas péter. Le ciel est tout illuminé d'éclairs vers le nord et le tonnerre gronde sans arrêt.".  L'électricien s'approcha de l'enregistreur de la moyenne tension pour vérifier, car souvent des petites sautes d'humeur du tracé étaient un signe précurseur indiquant des perturbations sur le réseau électrique. Ils savaient que la ligne Haute Tension alimentant le poste principal de transformation du site parcourait le plateau du Vercors, venant de Valence et les orages lointains ne manquaient pas d'influencer à distance l'enregistrement. Non rien de particulier.

 

Soudain, le poste radio FM de la salle de contrôle un cadeau de l'équipe projet, qui crachotait des parasites au rythme de l'orage, réglé en sourdine sur Radio France se mit à diffuser un flash d'informations: "On signale de forts orages sur le Massif Central et on est sans nouvelles du Vickers Viscount  Air Inter qui devait se poser à onze heures sur l'aérodrome de Clermont-Ferrand avec 68 passagers à bord."

 

Eux aussi livrés aux éléments extérieurs ils allaient subir l'orage. Un fracas fit trembler les baies vitrées tandis que le couloir derrière eux était illuminé par l'éclair. Brusquement l'orage était sur eux. Dehors la pluie diluvienne mêlée de grêlons frappait les vitres avec méchanceté. Radio France reprit : " Le Viscount d'Air Inter qui devait se poser à Clermont-Ferrand s'était signalé en approche à la tour de contrôle. Des recherches difficiles à cause des intempéries et des difficultés d'accès sont entreprises sur l'axe d'approche de la piste de cet aéroport".

 

 

Soudain, peu après minuit, ils furent brutalement plongés dans le noir tandis que le klaxon général des alarmes hurlait. Seuls les voyants des alarmes et des vannes restaient allumés faisant du mur du fond un immense panneau lumineux de parc d'attraction. De son premier coup d'œil de chef de quart il vit que beaucoup de ces lampes avaient viré au rouge signalant du coup la fermeture d'un certain nombre de vannes mais son premier réflexe fut de vérifier le niveau du vase d'expansion.  Ce vase, en réalité un énorme réservoir, était la réserve immédiate d'eau lourde du réacteur permettant l'expansion du circuit principal suivant sa température. Une baisse de niveau soudaine aurait signifié une fuite et suivant le débit de cette fuite, la nécessité d'agir dans l'urgence. C'était là un des risques principaux du réacteur, qui, pour être en sécurité, devait toujours avoir son élément combustible noyé dans son liquide caloporteur et modérateur de neutrons, l'eau lourde. Immédiatement le conducteur de pile avait réagi vérifiant tous ses paramètres, prêt à appuyer sur le bouton d'arrêt d'urgence, mais le travail était déjà fait. L'électronique de contrôle de sécurité plus rapide que l'homme avait décelé un arrêt du refroidissement principal et immédiatement donné l'ordre de couper le courant dans les électroaimants soutenant les barres de sécurité. Les cinq barres d'absorbant tirées par la gravité et poussées par de l'air comprimé étaient violemment descendues au niveau de l'élément combustible d'uranium 235 et avaient étouffé la réaction nucléaire contrôlée.  Le Klaxon hurlait toujours et le moment critique de stress passé il en eut la perception, se leva calmement et acquitta en appuyant sur le bouton d'arrêt. Le silence se fit.

 

L'électricien de son équipe signala la reprise en secours des diesels du groupe électrogène. Deux énormes moteurs Diesel accouplés à d'énormes génératrices électriques de 1750 KVA et de ce fait la lumière jaillit. Les circuits de courant normaux et d'éclairage en basse tension étaient à nouveau alimentés. Par contre, les pompes principales de refroidissement du réacteur alimentées directement en Haute Tension restaient à l'arrêt vannes fermées, échangeurs de chaleur isolés, heureusement le cœur de la chaudière nucléaire était tout de même refroidi par les pompes du circuit de sécurité.  Alimentées à travers des onduleurs de tension par un groupe de batteries de secours il y avait trois pompes de refroidissement qui ne devaient pas s'arrêter tant qu'il restait assez de chaleur résiduelle dans le cœur risquant de porter le métal de l'uranium 235 à la température de fusion.

 

Le conducteur de pile avait la main sur le bouton de la  diffusion d'ordres et annonçait dans les bâtiments : "Chute de barres… Chute de barres… Arrêt du réacteur." Mais déjà le téléphone du chef de quart sonnait et des physiciens inquiets pour leurs expériences de la nuit demandaient des renseignements :

 

- Oui c'est une chute de barres consécutive d'un manque de tension EDF…

- Oui on redémarre dés que possible…

- L'effet Xénon ?   Oui on sait…

 

Et en effet ils savaient. Ils savaient qu'étant à la fin du cycle de 45 jours de l'élément combustible il ne leur restait que peu de temps pour redémarrer sinon, inexorablement, ce poison pour les neutrons qu'est le gaz xénon empêcherait le redémarrage et les obligerait à attendre trois jours. Trois longs jours sans expériences, c'était un drame pour certains chercheurs qui venaient de fort loin, pour une toute petite semaine ou même une seule journée d'expérimentation. Les places étaient chères sur les instruments disposés autour du réacteur et les physiciens du monde entier se les disputaient âprement.

 

La tension EDF était revenue et l'électricien avait refermé les jeux de barres électriques et isolé le groupe électrogène, la procédure de refroidissement normal pourrait avoir lieu dés la remise en service du réacteur.

Il était prés d'une heure du matin quand il fit le numéro de téléphone de l'ingénieur de service en astreinte à son domicile.

 

- L'orage ? … Ah! Oui l'orage, une coupure EDF… Avez tout vérifié ?

 

Ils avaient tout vérifié et l'ingénieur de service bien au chaud dans son lit écoutait l'esprit un peu ensommeillé les explications. Il devait faire confiance à l'équipe. Après tout, eux ils étaient là-bas sur place et ils savaient. En deux mots l'affaire fut réglée et ils eurent l'autorisation de redémarrer.

 

La radio toujours en sourdine signalait que dans l'avion disparu se trouvait un jeune garçon de six ans, le fils du Directeur du SAMU de l'Isère, le Docteur M... Celui-ci était parti immédiatement de Grenoble et se dirigeait dans la nuit vers Clermont-Ferrand.

 

En tant que chef de quart, il prit ses dispositions pour la divergence et fit commencer la remontée des barres de sécurité. Dehors la tempête avait cessé mais le gardien du site signalait des entrées d'eau de ruissellement dans le laboratoire des rayons X ainsi qu'un"skydome" arraché sur une galerie technique. Le mécanicien partit vérifier.

 

Une fois les barres de sécurité remontées, ce fut avec la sortie de la barre de pilotage que l'approche sous critique pour la divergence fut préparée.  La température du circuit de refroidissement était l'objet de leur surveillance car sans la réaction nucléaire il ne fallait pas trop refroidir et risquer un choc thermique néfaste pour les structures métalliques. Il fallait mettre en route le refroidissement principal progressivement pendant la montée en puissance.

 

Vers une heure du matin, la radio diffusa un nouveau flash : " Les équipes de secours ont retrouvé l'épave du Viscount d'Air Inter… Une unité des pompiers du CODIS 63 a retrouvé l'épave coupée en deux parties séparées de plus de trois cent mètres dans la forêt sur les hauteurs des monts du Forez vers le Pic du Picon… Dans la partie arrière de l'épave il y aurait des survivants…"

 

Tandis que l'aiguille de l'enregistreur de la puissance commençait à se déplacer en montée, il prit le micro de la diffusion d'ordre et annonça pour les physiciens impatients : "Divergence… Divergence…".  Puis ce fut la montée en puissance avec ses arrêts pour des paliers de contrôles et la mise en service du refroidissement principal.

 

Quand ils eurent atteint la puissance de 57 méga Watts, c'est avec soulagement que le conducteur de pile put annoncer au micro : "Puissance nominale..." Les expérimentations allaient pouvoir reprendre dans les halls.

 

Alors le calme enfin revenu il quitta son bureau et vint sur le pallier du quatrième étage où se trouvait la salle de contrôle se planter face à la baie vitrée, fier de son équipe, admirant à ses pieds la ville de Grenoble tranquillement endormie et vibrant de toutes ses lumières nocturnes tandis que là-bas, derrière lui, au fond du couloir, après le sas étanche brûlait la réaction nucléaire et que sous l'eau cristalline de la piscine luisait d'un bleu magique l'effet Cherenkov.

 

 Au matin, le Docteur M… retrouvait son fils parmi les huit survivants.

 

Pour mémoire :  27. 10.1972  - Vickers 724 Viscount F-BMCH crash sur le Pic du Picon, 60 victimes sur 68.

 

 

 

Richard. POUGET

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 09:15

    
L'évaporation est rapide l'inhalation perfide !

 


Te souviens-tu du temps des apprentis sorciers ?
Cela se passait à l'époque héroïque
Où des recrues de Saclay aux méthodes empiriques
Par la publicité se firent fort apprécier .
Ne venaient-ils donc pas fiers de technicité
Maîtriser l' UF6 et décrocher la gloire .?
Par le CENG ils furent donc invités
A piloter le lithium en son laboratoire .
N'était-ce pas aussi question d'enrichissement ?
Genre de génie chimique orné de tuyauterie

Où côtoyaient les pompes et leurs asservissements
Pour l'honneur de la science et de l'ingénierie .
Certains pensaient déjà au futur Miramas *
Confiant dans nos travaux qui se faisaient discrets   

Mais nous ignorions tous oh ! plusieurs fois hélas
L'assurance qualité dans ce qu'elle a de concret .
Le grand jour est venu et sa tonne de mercure
Pour servir d'électrode à notre installation.
L'impatience a payé et sans que l'on murmure

On a fait un essai pour la démonstration .
Lithine et vif argent c'est le cas de le dire

Furent projetés très haut jusqu' au sommet du hall
Et l'on s'est vu douché obligé de courir
Vers les interrupteurs aux actions si fatales .
La gravité du fait résultait de trois phases
Il suffit de les croiser pour tourner à l'envers

Et au lieu de pomper ça refoule à la base
Encore que cette fois là ce fut craché en l'air .
Sans trop faire d'amalgame devant un tel exploit

A quoi peut-on penser lorsque l'on est sérieux ?
J'ai vite enlevé l'alliance que je portais au doigt
Car en cette année là j'étais marié de peu .

 

                                      Claude Argant

 


    *Miramas: future usine d'enrichissement du lithium

 

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:31

 

 A travers le journal de Michel ROSTAING c’est l’histoire de la France pendant la quatrième et la cinquième république qui défile sous nos yeux. L’auteur nous plonge dans la période des 30 glorieuses et nous raconte son ascension scolaire, universitaire et professionnelle marquée par quelques anecdotes révélatrices d’une époque : un renvoi du lycée pour collages d’affiches subversives, l’ambiance particulière lors du coup d’état des 4 généraux d’Alger, un tour de France détaillé …


La seconde guerre mondiale finie, il rentre au pays et achève ses études d’ingénieur à l’école d’Electrochimie de Grenoble. Il entre au C.E.A. qu’il l’enverra d’abord en Aquitaine découvrir l’industrie pétrolière, puis en Suède, pour enfin l’affecter définitivement à Grenoble.

 Il continuera ses périples professionnels de spécialiste de l’eau lourde et de l’hydrogène et s’envolera très souvent pour l’Italie et mais aussi en Israël, aux Indes, en Indonésie, au Japon ou au Canada …

 

                                             Au fil de l’eau lourde
                                                                   de Michel Rostaing

                                                   Editions Tho T  --38600 Fontaine (editionsthot@yahoo.fr )

 

« C’est toute une époque que tu fais si bien revivre : la nôtre. N’avons-nous pas eu une chance inouïe  celle de l’avoir vécue ? Deux siècles en un ! »  Jean Balestas.

 

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 22:21

Dans les premières années, la gestion financière et comptable du centre repose sur la mécanographie. D’abord, en 1958 dans les locaux du C1, machines NATIONAL, positionneuses multi-compteurs, comme celles longtemps en usage dans le système bancaire. En 1960, les machines BULL à cartes perforées, prennent le relais installées ou plutôt éparpillées dans les sous-sols du Bat.B. Plus tard, ces matériels électromécaniques sont dotés d’un calculateur BULL Gamma 3.
Le groupe « Mécanographie » rassemblant Analystes-programmeurs, opérateurs, Perfo-verifs fait partie intégrante du Bureau Financier et Comptable. Ce groupe assure la « mécanisation » des comptabilités (Budget, Comptabilité générale, Comptabilité analytique, Fournisseurs, Clients, Immobilisations etc..) des stocks et de la paie.
Durant cette même période les besoins en calculs scientifiques sont assumés par une CAB 500 (mémoire à tambour) installée au Service des Transferts Thermiques.
Le temps passe, le Centre croît rapidement, les besoins en calculs aussi. C’est ainsi que début 1964 la Direction, décide d’acquérir un « Ordinateur » à partager entre le labo de calcul naissant et la gestion du Centre. À ce propos, il faut rappeler qu’à cette époque l’ensemble du budget y compris celui des unités de recherche est en charge de la Direction du Centre.
Le choix se porte sur un matériel fabriqué par RCA, développé et distribué par La Compagnie des Machines Bull et baptisé GAMMA 30 S.
De classe 2.5, il est doté d’une mémoire vive de 20 Ko, chaque octet disposant de sept tores de ferrite. Les programmes, les créations, les mises à jour de fichiers et les données, sont toujours entrées par carte perforée 80 colonnes.
En attendant la livraison, sachant que la machine et son environnement exigent près de 200 m², le sous-sol du Bat.B est aménagé et adapté : faux plafonds, plancher technique, climatisation et traitement de l’air. Ceci dans le but de satisfaire les contraintes techniques d’implantation et le fonctionnement 24/24 de cet engin aux composants particulièrement sensibles à l’hygrométrie et aux variations de température.
Pendant ce temps les analystes programmeurs du BFC, épaulés par leurs homologues de chez Bull, s’adaptent aux nouvelles techniques et procédures en transposant les tâches existantes.
 
Les travaux terminés, la livraison, l’installation et les tests du « monstre » s’effectuent dans les meilleurs délais afin que tout soit opérationnel lors de la reprise et l’ouverture de l’exercice financier et comptable au 02 Janvier 1965.
Le monstre en question se compose :
 
-         d’une unité centrale très imposante, bourrée de cartes transistorisées et de quelques dizaines de kilos de condensateurs et autres bricoles.
-         de quatre armoires contenant  les dérouleurs de bandes magnétiques dont la fonction principale est la mise en mémoire des programmes, des fichiers et de leur contenu.
-         d’une imprimante rapide à rouleaux  (180 c)
-         d’une trieuse de cartes.
-         plus tard un lecteur/perforateur de bande perforée.
-          
Les besoins en calcul croissent plus vite que prévu, la cohabitation Gestion-Labo de calcul dure moins de deux ans. Ce dernier devient autonome et dispose de son propre équipement, un IBM 360.
Il faut savoir que le GAMMA 30 donnera satisfaction tout au long de sa carrière qui durera près de 15 années consacrées à l’ensemble des tâches fonctionnelles du Centre, mais aussi au développement de techniques informatiques.
En effet, dès 1965 est menée une expérience de gestion intégrée.
Mais les techniques et les matériels s’avèrent inadaptés. Cette tentative visionnaire est donc abandonnée. Il faut savoir qu’au cours des tests, le non-respect d’une date de révision d’extincteur a eu pour effet de bloquer l’ensemble des programmes journaliers de gestion.
Comme il fallait que les résultats soient connus de tous au CEA, deux passionnés, aidés du responsable de l’atelier d’imprimerie, projettent la réalisation d’une plaquette destinée à promouvoir le système opérationnel et les idées pour le futur. Alors durant de nombreuses soirées et fins de semaine, ce document d’une douzaine de pages est conçu, composé, réalisé et imprimé en une cinquantaine d’exemplaires. 
Pendant ce temps, les premiers balbutiements de transmission de données à distance se multiplient via la bande perforée.
Tout d’abord la saisie des données budgétaires et comptables. Ensuite le suivi physique et comptable des sorties de magasins. À cette fin des pupitres électroniques comportant douze colonnes de chacune dix chiffres permettent le traitement à distance des mouvements de stocks.
 
 
Mais à cette époque, le véritable exploit technique s’illustre dans la gestion des films dosimètres par le traitement quasi instantané et à distance des résultats. En effet ces films centralisés à Fontenay aux Roses sont dépouillés sur une chaîne automatique conçue et réalisée à Fontaine, les résultats sont transmis instantanément par système télex et reçus dans les locaux du GAMMA 30 à Grenoble. On peut dire que l’ère du « Véloprocessing » fait maintenant partie du passé.
C’est ainsi que dès 1969, sous l’impulsion du chef d’Atelier, se forme une petite équipe hétérogène comprenant deux ou trois  « informaticiens » et deux « administratifs ». Cette équipe se met, sinon à concevoir du moins à imaginer la création d’un groupe de travail ayant pour objectif d’élaborer un processus axé sur l’intégration basée  sur le « TIME SHARING » devenu plus tard le « Conversationnel ».
Cette initiative semble à certains peu en rapport avec les besoins et surtout les moyens dont dispose le CEA. Il faut savoir qu’à l’époque le Centre de Grenoble faisait, dans le domaine de l’«INFORMATIQUE DE GESTION » figure de précurseur pour ne pas dire de visionnaire.
Par conséquent, bien que l’équipe en question continue de cogiter, le temps passe et finalement début 1973 se met en place le groupe de concertation et de travail qui portera plus tard le titre d’ ACTION CONCERTÉE.
Ce groupe composé d’abord des informaticiens et des représentants des services financiers des Centres d’Études et du Siège est, intégration oblige, étendu ensuite aux trésoreries, services commerciaux et services du personnel. Les réunions du groupe de travail (08 à 10 personnes) sont mensuelles et se tiennent, pour l’essentiel, à Grenoble. Chaque trimestre a lieu une réunion de synthèse à laquelle participent les responsables (15 à 20 personnes) auxquels le groupe de travail rend compte de l’avancement des travaux et prend acte des nouvelles orientations.
Grenoble a en charge la conception technique ainsi que les tests.  Et en tant qu’initiateur il lui est confié la lourde et stressante tâche d’essuyer les plâtres.
L’ordinateur en charge du Labo de Calcul est un BULL IRIS.55 et les consoles interactives seront au nombre de cinq au GFC, une à la Trésorerie et une au magasin central.
Le 14 Janvier 1975 c’est le grand jour. Le temps d’activer le système, s’assurer que les connexions sont actives et s’est parti pour la grande « Aventure ». Les premières écritures sont les créations de fichiers ainsi que les reprises de soldes d’engagements résultant de l’arrêté des comptes de l’exercice 1974.
 
 
Et là aussi, intégration oblige la chronologie des tâches prioritaires sont engagement/comptabilisation de la facture/paiement du fournisseur effectué directement par la Trésorerie. Le tout contrôlé dans tous les sens, l’ensemble des fichiers étant en ligne.
Les premiers moments d’anxiété font place à l’euphorie chez ceux qui y croyaient et à la surprise chez ceux, les plus nombreux d’ailleurs, qui n’y croyaient pas.
Mais rapidement l’euphorie fait place à l’impatience, voire l’inquiétude. Les temps de réponse se dégradent au fur et à mesure que se charge la « Mule ». Ces temps passent de 30 secondes à plus de 2m30s. Les plantages se succèdent à un rythme qui devient très vite insupportable. Les relations avec les spécialistes et en particulier avec ceux du Bat.T se transforment quasi en heurts.
Les hommes deviennent irritables. Les femmes sont elles très calmes et meublent les temps morts selon leurs aspirations du moment. Qui lit, qui tricote, qui écrit, qui prépare une nouvelle série d’écritures, qui vaque  à d’autres occupations bien féminines.
Encore une fois ce sont elles qui avaient raison. La suite nous a prouvé que toutes ces petites misères issues d’un démarrage houleux et démotivant valaient le coup d’être vécues. En effet, le produit de tous ces efforts et de l’opiniâtreté de quelques uns a, au fil des ans, à l’exception des achats/contrats,  intégré la presque totalité des tâches administratives et comptables du Siège, des Centres civils, auxquelles s’ajoutent celles des instituts et des unités.  Bien sûr au fil du temps les matériels ont évolué rapidement. À commencer par les terminaux « intelligents » PC/BM 30 (Bull-Micral 30) qui à la fin des années 70 ont poussé vers la casse les « vieux » coucous.
Enfin, le système devait satisfaire les besoins puisqu’il a fonctionné jusqu’au début des années 90.
 
Et si, au travers ces interconnexions et les échanges de messages par lignes dédiées lors du raccordement de Saclay en 1978, nous avions contribué à l’émergence que l’actuel INTERNET?
Peu importe la réponse, l’aventure valait effectivement la peine d’être vécue, pour preuve, je viens d’en écrire l’histoire.
 
 
« LE PASSÉ A BESOIN DE LA MÉMOIRE DES HOMMES POUR AIDER LES SOUVENIRS À DEVENIR L’HISTOIRE » (GD.05/93)
 
 Gérard DECLERCK – LAMBTON (Canada)
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 11:25

J'ai participé à la fondation d'un "machin" inconnu au CEA : une Unité dotée d'autonomie. On voulait l'appeler le "IETI" par similitude avec un animal fabuleux et montagnard, le I voulant dire "Institut". Le CEA nous a fait l'honneur de nous faire confiance et d'accepter la création du machin en question - resté unique en son genre -, sous réserve de l'appeler le LETI, ça faisait plus sérieux. C'était en 1967. J'y ai encore passé plus de 25 ans. Un beau moment de créativité et d'amitié ; que du plaisir.

Max Verdone
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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 17:17

Dans les années 70, la Corée du sud privée de ressources fossiles, se lançait dans la production électronucléaire et commandait des installations au Canada (réacteurs CANDU ) et à la France (réacteurs REP 900MW )
L'établissement national « Korean Atomic Energy Research Institute » (KAERI) signait avec SGN un contrat de collaboration pour la construction et l'équipement de laboratoires dans une zone scientifique et universitaire située en Corée profonde à une dizaine de kilomètres d'une petite cité thermale Yusong proche de la grande ville de Daejong. L'un de ces laboratoires « Post Irradiated Facilities (P.I.E.)» était destiné aux examens et analyses de combustibles et matériaux irradiés.
Au terme de trois contrats successifs entre KAERI, SGN et le LAMA, nous intervenions sur le site pour le montage et la mise en service, dans le labo. PIE, des importants équipements scientifiques que nous avions étudiés et construits à Grenoble.

Automne 84 : je dirige une équipe composée de 11 ingénieurs et techniciens qui oeuvrent pendant 3 mois pour livrer, dans les délais prévus, le laboratoire en état de marche.
La fin de notre prestation est marquée par l'inauguration (en inactif) du laboratoire. Cela se passe dans la vaste zone arrière des enceintes THA (Très Haute Activité) ; les dirigeants de KAERI font spécialement le déplacement de Séoul.
Habitués aux traditions occidentales, nous ne nous attendons pas à découvrir au milieu de la zone un autel chamaniste où une tête de cochon (provenant de l'abattoir) trône au milieu d'offrandes (fruits) et de bougies, une soucoupe attend les offrandes en espèces ! .

Un ingénieur coréen, revêtu de sa blouse blanche, officie en Chaman. Nous voyons les numéros 1 et 2 de KAERI venir se prosterner tour à tour devant la tête de cochon et déposer leurs enveloppes offrandes.
C'est alors que le Chaman vient m'inviter. Après avoir glissé à la hâte quelque billet dans une enveloppe, je vais à mon tour me prosterner avec toute la déférence qui s'impose ! Puis tout le détachement du CENG doit faire de même.
Cette « cérémonie » se déroule dans la bonne humeur et certaines de nos attitudes soulèvent l'hilarité générale. Hélas, trois fois hélas, le flash de l'appareil photos nous a joué un très vilain tour et nous avons eu le grand regret de ne pas ramener les prises de vue de  cet  événement exceptionnel... « Se prosterner devant une tête de cochon »
Je laisse au lecteur le soin d'imaginer une signification à ce rite...


Michel Chevalier

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 19:54
J'étais responsable de « l'INB LAMA ». Le 22 décembre 1988 vers 21h30., la FLS me téléphone : « Deux inspecteurs sont ici et demandent à visiter le LAMA » Je pense à un canular : « Je vous rappelle » et je rappelle en m'excusant, l'on me répond : « Vous avez bien fait, c'est la procédure » Ouf ! j'ignorais ! .
La qualité des inspecteurs a t'elle été vérifiée ? la réponse est affirmative. Bon, j'arriverai d'ici une demi-heure.

Je préviens mon chef de service qui me soutiendra dans cette épreuve inopinée en venant me rejoindre. L'ingénieur de sécurité du labo est appelé en renfort , sa connaissance et sa mémoire du LAMA nous est indispensable.


Pendant le trajet, je repense à cet épisode des « Copains » de Jules Romain où des plaisantins déguisés se présentent un soir à une caserne, font réveiller le colonel et demandent à inspecter... les latrines !

Cette pensée me met de bonne humeur, c'est avec le sourire que j'accueille les deux inspecteurs des INB.

Ils voulaient voir les mesures de protection physique de l'installation. Par chance, nous venions de faire installer un réseau de capteurs à toutes les ouvertures (bris de vitres sur les fenêtres, détecteurs magnétiques aux portes), des verrouillages télécommandés et un tableau synoptique dans le sas d'entrée du bâtiment. Ces dispositions nous valurent le satisfécit de nos visiteurs.

Il fallait bien vérifier si les portes s'ouvraient, elles s'ouvrirent et les inspecteurs, une fois dans le bâtiment, émettaient alors le désir de tout regarder... Et, pendant deux heures ils virent tout ! L'un d'eux fut même très étonné par les feux clignotants rouges placés sur les portes arrières des grandes enceintes blindées. Nous avons expliqué : « un clignotant rouge signifie, comme partout, une interdiction d'entrer », interdiction évidente due au fort niveau de radioactivité présent à l'intérieur de l'enceinte.

Cette inspection s'est déroulée pendant deux heures, à la satisfaction de nos visiteurs. Après avoir refermer la porte, nous leur demandions ce qui nous avait valu l'honneur de cette visite.

La réponse était inattendue : « Nous n'avions pas atteint notre quota d'inspections. Comme nous avons entendu parler de SILOE (une fuite de tritium) toute l'année, et jamais du LAMA... alors nous avons voulu savoir à quoi nous en tenir »

Michel Chevalier

 

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 15:32
La direction du centre à l'occasion du 50ème anniversaire à fait publier un beau livre (x} recueil de témoignages où tous n'ont pas pu trouver place.

Qui n'a pas dans sa mémoire des anecdotes ou des moments vécus dans sa vie au CEA (ou dans les activités parallèles) dont il aimerait en faire le récit ? Cette rubrique nous en donne l'opportunité ; « les paroles s'envolent, les écrits restent». Nous aimerions laisser quelques souvenirs, alors... n'attendons pas trop longtemps !

NB: Les articles de cette rubrique seront signés et sous la responsabilité de leurs auteurs 

 

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